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Climat: un "centre de commandement fédéral" pour pousser la Flandre à en faire plus? "Si elle reste à quai..."

 
 

Il faut réfléchir à une forme de "centre de commandement fédéral" qui mènerait les discussions climatiques entre le gouvernement fédéral et les gouvernements des trois Régions, estime la ministre de l'Environnement, Zakia Khattabi. Selon elle, le débat institutionnel qui s'ouvre doit être une occasion d'en parler.

La COP26 s'est ouvert ce dimanche à Glasgow. Plusieurs ministres belges s'y rendront mais la Belgique ne disposera sans doute pas d'accord intrabelge sur la répartition de l'effort à réaliser pour atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre entre les entités. Les regards sont tournés vers la Flandre. La politique climatique a fait l'objet d'une réunion vendredi de l'équipe de Jan Jambon. Une nouvelle séance est prévue dimanche. Au parlement, une partie de l'opposition a appelé le Premier ministre, Alexander De Croo, à prendre la main. "Si on avait pu le faire, on l'aurait fait depuis longtemps", a souligné samedi Mme Khattabi, peu avant d'embarquer à la gare du Midi dans le "train for climate" qui la mènera en Ecosse. Mais, actuellement, la structure belge ne le permet pas.

Un accord pourra-t-il être conclu dans les jours qui viennent? "Mon collègue Philippe Henry (ministre wallon) tente de rapprocher les points de vue mais Mme Demir (ministre flamande) est à la table des discussions sans mandat de son gouvernement. S'il est important que la Belgique vienne avec un accord national, je préfère un accord ambitieux après la COP qu'un accord à la baisse pour la COP", a expliqué Mme Khattabi. En attendant, la ministre fédérale estime que son gouvernement a fait sa part et que les gouvernements bruxellois et wallon ne sont pas en reste. 

Si la Flandre reste à quai, il faudra renforcer le pouvoir du fédéral

En Flandre, certains reprochent par ailleurs l'"absence" de Zakia Khattabi sur les plateaux télé pour évoquer son plan. Sur le plateau de C'est pas tous les jours dimanche, Jean-Marc Nollet, le co-président d'Ecolo, l'a défendue. "Elle a été moins présente car elle a préféré d’abord travailler au sein du gouvernement. Un an pour élaborer le plan et aujourd’hui le gouvernement fédéral a pu s’aligner sur les objectifs de Paris. C’est quand même un sacré défi surtout quand on sait d’où on vient au niveau du gouvernement fédéral. Zakia l’a relevé", a-t-il souligné.

"Aujourd’hui, elle est à Glasgow pour la négociation et après rassurez-vous elle sera sur les plateaux télé et elle ne sera pas avare de propos car les enjeux sur le climat sont au centre de tout. Elle a la volonté de faire avancer toutes les régions et elle a un problème pour l’instant. Si la Flandre reste à quai, il faudra renforcer le pouvoir du fédéral. Je trouve que Zakia avance là une proposition intelligente en la matière. La Wallonie fait le travail, Bruxelles aussi. Elle se dit donc que le fédéral doit venir prendre le commandement des opérations. C’est comme en gestion de crise. On l’a vécu récemment avec les inondations. Il y a un moment besoin de renforcer le pouvoir du fédéral."

L'inaction climatique tue

Le 8 octobre, l'exécutif De Croo avait pris acte d'une trentaine de feuilles de route contenant les mesures en vue de réaliser ses objectifs et s'est engagé à mettre en oeuvre les mesures existantes dans l'actuel Plan National Energie Climat (PNEC), à renforcer certaines mesures existantes et à en développer de nouvelles dans la perspective du niveau d'ambition rehaussé à -55% de réduction d'émissions. Les mesures en place permettraient de réaliser des réductions d'émissions à hauteur de 208 millions tonnes de CO2 au cours de la période 2021-2030. Des mesures complémentaires seront prises afin d'opérer des réductions supplémentaires à hauteur de minimum 25 millions de tonnes de CO2 au cours de la période 2022-2030. Elles concerneront notamment le verdissement de la fiscalité, dont la réforme du régime fiscal des voitures de société, et le bonus climat, les transports, les bâtiments, ou encore les normes de produit. Au delà des chiffres, des questions scientifiques et des querelles partisanes, il y a un enjeu politique et démocratique, a fait remarquer la ministre Ecolo.

"L'inaction climatique tue. Je me rends à la COP avec les noms, les visages de ceux qui ont perdu un proche après les inondations en Wallonie. On ne parle pas d'empêcher les gens de vivre mais de faire en sorte que les gens vivent mieux. Mon propos est politique, c'est un projet de société et d'avenir que porte mon gouvernement", a-t-elle dit.


 

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